Écrivain public numérique, une place à prendre


Isabelle PASQUEREAU 4 mai 2018 Facebook Twitter LinkedIn Google+ En direct du GREC


bureau d’un écrivain public numérique

Le grand plan d’inclusion numérique de l’État implique de nombreux opérateurs, dont le secrétariat au numérique, le ministère de la Culture, mais aussi les bibliothèques. Les écrivains publics ou Écrivains-Conseils® se voient offrir l’occasion de valoriser leur savoir-faire, de proposer leur expertise dans l’accompagnement du public et l’assistance aux démarches dématérialisées, et d’œuvrer à la réduction de la fracture numérique.

La gréciste Isabelle PASQUEREAU du cabinet À portée de mots fait le point sur la question.

Le constat de la fracture numérique

La fracture, la précarité et l’inclusion numériques représentent une réalité relativement nouvelle : l’illectronisme. Il se traduit par une difficulté à effectuer les démarches dématérialisées. On parle alors d’e-inclusion, e-exclusion, et d’e-administration. Cette prise de conscience a décidé les pouvoirs publics à engager notre pays dans un immense défi d’inclusion numérique.

acces numérique

L’enjeu est de taille puisque selon une étude du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, 2017), 17 % des Français se déclarent en difficulté numérique. Parmi les non-internautes, 59 % ont plus de 70 ans, 52 % ne possèdent aucun diplôme, 52 % résident dans des zones rurales, et 61 % vivent avec de faibles revenus. La difficulté s’accroît quand cette fracture numérique se double d’une fracture sociale.

La société entre donc à marche forcée dans l’ère numérique, entraînant à sa suite tous les citoyens : volontaires, inquiets, sceptiques comme réfractaires. Le train est déjà en marche : en 2022, l’État aura mis en ligne 100 % des services publics.

Des obstacles à surmonter

L’ambition des décideurs est vertueuse : assurer l’égalité des citoyens et des territoires, préparer la société aux évolutions technologiques du futur, améliorer la productivité des ministères et des différents opérateurs par la généralisation des procédures dématérialisées. Elle se heurte cependant à de multiples freins.

Il n’est pas si loin le temps où certains hésitaient encore à faire l’acquisition d’un téléphone portable ! Et à peine se sont-ils adaptés à cet outil de communication qu’ils doivent adopter de nouveaux usages technologiques. Tout cela constitue une forme de violence à laquelle on soumet les citoyens les plus fragiles.

On ne peut pourtant pas lutter contre le progrès, il est même nécessaire de le soutenir. L’État va ainsi devoir accompagner la transition et l’appropriation des outils numériques en appliquant une stratégie concertée et cohérente tout en croisant les expertises. Il lui faudra à cet effet mettre en place des accompagnements de proximité, adaptés aux publics et aux territoires, penser la formation des professionnels de la médiation, et instaurer des instances de coordination.

Une opportunité pour les Écrivains-Conseils®

Les structures à vocation sociale et culturelle sont en effervescence. Les centres médicosociaux sont appelés à évoluer vers de nouveaux Espaces départementaux de solidarité (EDS) et réfléchissent à un nouveau service de médiation numérique.

Sous l’impulsion de l’ambassadeur de la lecture Érik Orsenna nommé par la ministre de la Culture Françoise Nyssen, de l’inspecteur général des affaires culturelles Noël Corbin, et du secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi, les bibliothèques se positionnent déjà sur l’assistance aux démarches administratives dématérialisées.

Les médiathèques envisagent de recruter des jeunes en service civique, mais elles se trouvent confrontées au problème du secret professionnel inhérent à ce type de service : un écrivain public numérique doit en effet posséder à la fois les compétences d’un écrivain public, maîtriser la communication Internet, savoir être à l’écoute, et bien entendu garantir la confidentialité des informations.

En résumé