Les vertus de l’échec, de Charles PÉPIN

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GODET François
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Les vertus de l’échec, de Charles PÉPIN

Message par GODET François » jeudi 20 juil. 2017 18:06:25

Fidèle à moi-même, je viens vous présenter un ami de fraîche date mais qui va le rester longtemps. Du moins si je continue à écouter ses précieux conseils.

J'ai découvert le livre du philosophe Charles Pépin il y a peu et c'est un trésor de conseils et d'analyses. Il s'intitule "Les vertus de l'échec", mais on aurait pu l'intituler : comment tirer profit de ses erreurs ?

Tout d'abord cet auteur parle de la culpabilisation excessive attribuée à ces dernières dans notre pays qui a du mal à accepter les apprentissages et qui comprend difficilement que ceux-ci par des étapes successives et progressives. On aime ainsi les primo-gagnants.

L'erreur est humaine, la reproduire est diabolique nous dit le proverbe.

Les crises que nous rencontrons dans l'existence sont aussi des opportunités de changement. D'ailleurs, en Chine, crise et opportunité sont synonymes.

En effet ces crises déchirent le réel : soudain s'offre à notre regard ce qui était caché. "Dans le péril croît aussi ce qui sauve" (Hölderlin).

Parfois, même une non-réussite involontaire peut permettre une extraordinaire découverte comme l'ont prouvée Christophe Colomb ... et les sœurs Tatin. On nomme ainsi sérendipité la faculté de trouver ce qu'on ne cherchait pas consciemment, mais sans doute inconsciemment.

Charles Pépin considère que l'échec - l'apprentissage - nous blesse tant parce que nos philosophes occidentaux nous le font vivre de manière culpabilisante. Ainsi Descartes présente l'homme comme doué d'un entendement limité et d'une volonté illimitée. Il pense que c'est par la puissance de notre volonté que nous ressemblons à Dieu.

Pour Kant, nous échouons à bien nous comporter lorsque nous ne savons pas écouter notre raison. Selon Rousseau, il nous faut "agir toujours de telle sorte que la mesure de ton action puisse être érigée en loi universelle." Enfin, pour Lao-Tseu : "L'échec est au fondement de la réussite."

"Nos échecs sont des butins, et parfois même de véritables trésors. Il faut prendre le risque de vivre pour les découvrir, et les partager pour en estimer le prix. " Cette phrase est la conclusion de son ouvrage extraordinairement positif.

Ce (Charles) Pépin nous soulage. Il fait comprendre que triompher aux échecs n'est pas qu'un destin Kasparovien !
François GODET

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LAUNAY Pierre-Gilles
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Message par LAUNAY Pierre-Gilles » lundi 16 oct. 2017 08:08:15

Il figure dans le top 20 des ventes.
Modifié en dernier par LAUNAY Pierre-Gilles le mardi 26 nov. 2019 12:12:36, modifié 1 fois.
Le Corrigeur : correcteur-relecteur et technicien PAO.
Mais je vous le demande, peut-on réellement imaginer une police sans sérif (Le Corrigeur, 2012).

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GODET François
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Message par GODET François » lundi 16 oct. 2017 12:12:16

J'ai eu confirmation avant-hier que ce livre intéresserait nombre de mes consoeurs et confrères. Samedi, en effet, le SNPCE organisait un atelier intitulé "comment se vendre", animé par Thierry Lannois.

Et le seul ouvrage dont cet animateur a conseillé la lecture - ce en quoi je l'ai appuyé - est justement celui de Charles PEPIN. A croire que les précieux conseils de ce philosophe s'adaptent aussi à notre profession, et pas seulement à celles et ceux qui sont spécialisés dans la correction des erreurs des autres ...
François GODET

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GODET François
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Message par GODET François » dimanche 23 sept. 2018 13:01:50

Je sors d'une conférence du même Charles Pépin et qui concerne le même ouvrage qui vient de sortir en poche. Je n'ai pas de commissions sur les ventes. (laught)
Mais j'ai saisi l'opportunité de la venue du philosophe dans mon arrondissement pour y participer.

C'était très intéressant. L'orateur a su tenir son auditoire en haleine, même si celui-ci était quelque peu clairsemé.

J'ai voulu expérimenter la différence entre les écrits et donc le parler du professeur de philosophie.

Et je n'ai point été déçu quant à la qualité et le positivisme de ce monsieur.

Pour moi la grande idée à retenir est la connaissance de son inconscient qui ne se révèle sciemment qu'en cas de grande difficulté. Comme une claque salutaire.
Dans le péril, croît aussi ce qui sauve
comme l'affirme avec justesse le poète allemand Friedrich Holderlein. L'échec n'est pas en effet une porte qui se ferme, mais plutôt une fenêtre qui s'ouvre. C'est le fameux réel - le kairos comme l'appelaient les Grecs désignant ainsi le moment où le réel s'offre à nous mais de manière inédite. Ce moment opportun ou occasion favorable permet de lire, de voir ce qui était à présent caché ou non encore révélé. Un outil de connaissance en quelque sorte qui déchire le réel.

Notre philosophe nous apprend ainsi qu'aux jeux du même nom, le mot "échec" viendrait de l'arabe "al cheikh mat" qui a donné "échec et mat" et signifiant le roi est mort. Vive le roi !
Mais Charles Pépin pense aussi que ce même mot viendrait peut-être du vieux français "eschec" qui signifie butin. Ce dernier étant un signe de victoire. Cette étymologie nous guidant vers la sagesse.
Nos échecs sont des butins, et parfois même de véritables trésors. Il faut prendre le risque de vivre pour les découvrir, et les partager pour en estimer le prix.
François GODET

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