L’écriture publique et le bénévolat

Un écrivain public, c’est aussi un homme ou une femme. Certaines situations contiennent tous les ingrédients pour exacerber l’éventail complet de nos passions. Venez crier ici vos joies et vos désespoirs.
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ESPIN Marie-Jo
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L’écriture publique et le bénévolat

Message par ESPIN Marie-Jo » jeudi 8 sept. 2011 13:01:53

Bonjour

Je suis installée depuis plus de 15 ans dans un petit village d'environ 500 habitants, village de mes grands-parents, où je ne suis pas une totale inconnue. J'ai bien sûr fait connaitre, sans excès, mes activités.

Aujourd'hui les bénévoles qui animent la bibliothèque municipale proposent de rédiger des souvenirs, mettre en forme des rapports, etc... gratuitement. Je connais bien la personne concernée qui , il y a quelques années, m'avait dit : "quand je serai en retraite, je ferai comme toi, j'écrirai pour les gens". Ce qui, vous vous en doutez, m'avait beaucoup plu...

Vous, comment réagiriez-vous ?

PS J'ai déjà tenté de poster ce message, aussi s'il faisait doublon, je vous prie de bien vouloir me le pardonner.

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CURMI Anne
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Message par CURMI Anne » jeudi 8 sept. 2011 22:10:13

Bonsoir,
Personnellement, je ne ferais rien. Nous avons tous (ou presque) connu un collègue qui s'est installé à deux pas de chez nous, ou une équipe de bénévoles qui s'est développée au centre social du coin ou autre.
Que des personnes travaillent bénévolement n'empêchera peut-être pas que des clients fassent tout de même appel à vous, pour les mêmes ou pour d'autres prestations. Apportez une plus-value, apportez une idée originale, proposez une prestation un peu différente de celle des bénévoles. Élargissez vos limites de recrutement de clientèle, voire travaillez davantage (si vous ne le faites déjà) au niveau régional ou national.
Je ne vais pas dire que les bénévoles n'ont pas les mêmes qualités rédactionnelles que vous, mais peut-être possédez-vous plus de savoir-faire et d'expérience... cela se sait, ou se saura, les clients, certains clients, feront peut-être la différence.
Dans ma ville, avant, j'étais la seule écrivain public, maintenant nous sommes trois. Hier, un contrat m'a échappé parce qu'une des collègues a demandé nettement moins que moi sur un devis... (moi qui propose des tarifs déjà au ras des pâquerettes :wink: ). Tant pis, je continue... Trouverai bien d'autres contrats...
Bonne continuation et sûrement bonne réussite. Anne Curmi
P. S : peut-être recevrez-vous des réponses avec des idées plus constructives que la mienne... :lol:
Anne Curmi - Ecrire dit-elle

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ESPIN Marie-Jo
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Message par ESPIN Marie-Jo » vendredi 9 sept. 2011 09:09:53

Bonjour
Merci Anne pour vos commentaires. Effectivement, après avoir cuvé l'affront pendant deux jours, je sais que je ne vais rien faire. Comme d'habitude. Et que c'est la meilleure chose à faire.
Je n'ai rien contre la concurrence, même par des bénévoles ; bien au contraire, je trouve cela plutôt sain.
Mais le fait est qu'il s'agit ici d'une petite communauté rurale, où tout le monde se connaît. Le "savoir-vivre" devrait être de mise. Je suis certainement de la vieille école, mais c'est le manque d'élégance de la démarche qui me fait le plus de mal.
La personne en question me connaît très bien, elle m'embrasse chaque fois que nous nous rencontrons, j'ai donné des livres pour la bibliothèque (ça, c'est terminé, bien entendu), j'ai réalisé le rapport de stage de sa fille (40 heures de travail, mais trop cher à son goût, évidemment). Elle fait partie de quasiment toutes les associations du village. moi je suis beaucoup plus discrète. Peut être trop, mais chaque fois que j'ai essayé de m'intégrer dans quelque chose, j'ai essuyé des vexations. Passons.
Bon la prochaine fois que cette dame viendra me demander si je peux, gratuitement, faire un petit travail, je sens que mon ordinateur et moi seront aux abonnés absents !
Je vous souhaite une bonne journée
Marie Jo

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GLINEL Odile
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Message par GLINEL Odile » lundi 12 sept. 2011 12:12:10

Ah, le bénévolat!
J'ai moi aussi des poussées d'énervement pour ces braves gens qui pratiquent une activité qui ressemble à la nôtre... Mais il se trouve que par ailleurs, je suis musicienne bénévole, participant à des spectacles d'une compagnie de théâtre amateur, et que je connais les récriminations des comédiens professionnels sur le sujet...

Pourtant, il arrive qu'un bénévolat choisi, bien circonscrit, apporte de l'activité lucrative, aussi.
C'est pourquoi, si je peux me permettre une recommandation, je vous inviterais à ne pas trop vous renfermer dans votre coquille, car notre métier n'a déjà que trop tendance à nous envoyer vers le fond de notre tanière, bien au chaud, là où personne ne nous atteindra, même pas les clients!
Un partenariat bien compris avec la bibliothèque peut déboucher sur une aventure d'atelier d'écriture, sur des lectures aux enfants des écoles, sur des rencontres intergénérations autour de l'écriture... que sais-je?

alors, je vous souhaite bon courage - j'espère n'avoir pas été trop yaka fokon!!!
confraternellement, Odile
Odile Glinel

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ESPIN Marie-Jo
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Message par ESPIN Marie-Jo » lundi 12 sept. 2011 13:01:26

Merci pour votre message, Odile

Vous n'êtes pas du tout "yaka fokon".
Personnellement, je n'aurais rien contre le fait d'intervenir à la bibliothèque. Sauf, que pour être totalement claire, chaque fois que je fais un pas (voire plus) pour m'intégrer dans ce patelin (associations diverses sauf le foot - tiens, j'aurais du essayer !) on me renvoie dans les cordes.
Quand au "partenariat bien compris", comme la responsable de la bibliothèque est aussi celle qui se propose de rédiger les mémoires, qui donne des cours aux enfants des écoles (il n'y a plus d'école dans mon village depuis vingt ans), qui règle l'ordonnancement des messes, qui, etc, etc... je ne le sens pas bien, voyez-vous. :)
Et de fait, ça n'est pas le "bénévolat" qui me gène. Ainsi, l'an dernier, j'ai fait de longues recherches pour l'association de sauvegarde du patrimoine locale en disant clairement que c'était bénévolement, cadeau, avec plaisir et sans arrière-pensée (enfin presque) : dans mon esprit, c'était une main tendue. La seule chose que j'ai refusée, c'était de faire autrement partie de l'association : j'ai horreur des enfantillages et des guéguerres entre clans (ancien maire, nouveau maire, anciens habitants, nouveaux venus...). Je ne voulais donc, je ne ne veux toujours pas, faire partie d'un camp ou d'un autre. Peut être est-ce là le problème ?

Excusez-moi pour ce laïus philosophatoire mais je me pose constamment beaucoup de questions sur ma place dans la société.
Ceci dit, je vais mettre cette petite histoire dans ma poche et continuer mon chemin
Bonne semaine à vous

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HERARD Sabrina
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Message par HERARD Sabrina » mardi 20 sept. 2011 21:09:24

Bonsoir à toutes et à tous,

Je ne suis pas (encore) écrivain public mais j'y travaille ... Je prépare mon projet notamment en me formant par le biais du CNED. Pour la mise en pratique, je me suis rapprochée d'associations et structures sociales qui m'ont accueillie à bras ouverts mais ... en tant que bénévole bien sûr :roll: . Je suis tentée, je dois le reconnaître. Apprendre sur le terrain, faire mes preuves et voir si "ça colle". C'est important pour moi. Au final bien sûr, je souhaite m'installer professionnellement mais alors pourquoi ne pas considérer cette expérience bénévole comme un stage ? Qu'en pensez-vous ? Je suis dans une période de collecte d'informations, de préparation et de décision. Votre point de vue de professionnels m'aidera incontestablement. D'avance, merci ! :)

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MAUGER Alain
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Message par MAUGER Alain » mercredi 21 sept. 2011 10:10:43

Bonjour,

Je ne suis pas installé non plus. J'y travaille.

Mon avis sur la question est que tout dépend du contexte.

Si tu es dans une zone où ta future clientèle ne sera pas la même que les gens que tu aides bénévolement, fais-le. Tu te formeras en effet (surtout sur le temps à investir pour chaque acte, ça t'aidera par exemple pour tes futurs devis).

Par contre, et c'est mon cas, si tu es sur un futur marché restreint, ne le fais pas. Tu vas fatalement supprimer de ta future clientèle facturable, au minimum, la plupart des cas relatifs au social = perte d'une partie du chiffre.

Enfin, si tu prévois, dans ton futur cabinet d'écrivain, d'éviter d'avoir à traiter trop d'actes relatifs au social, parce que tu es, par exemple, spécialisée en discours, c'est une bonne stratégie de trier cette clientèle en l'orientant vers tes dispos de bénévole.

C'est, pour opter vers le bénévolat, ton projet global d'entreprise qui compte. Chacun a le sien.
L'a_m_i des mots

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