Jean-Jacques ROUSSEAU, de Monique et Bernard COTTRET

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GODET François
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Jean-Jacques ROUSSEAU, de Monique et Bernard COTTRET

Message par GODET François » mardi 24 sept. 2019 19:07:38

Aujourd'hui je souhaiterais vous parler par l'écriture d'une biographie qui appartient à l'histoire de France, à l'histoire de la philosophie.
Une vie marquée dès la naissance puisque cet homme en venant au monde a entrainé la perte de sa mère.
Voici une première pensée de l'illustre philosophe :
La fausse idée que j'avais des choses me persuadait que, pour lire un livre avec fruit, il fallait avoir toutes les connaissances qu'il supposait, bien éloigné de penser que souvent l'auteur ne les avait pas lui-même, et qu'il les puisait dans d'autres livres à mesure qu'il en avait besoin. Avec cette folle idée, j'étais arrêté à chaque instant, forcé de courir incessamment d'un livre à l'autre. Heureusement je m'aperçus que j'enfilais une fausse route qui m'égarait dans un labyrinthe immense, et j'en sortis avant d'y être tout à fait perdu.
Ce qu'on peut aimer avec Rousseau c'est sa candeur qui est rafraichissante.
Avec quelque talent qu'on puisse être né, l'art d'écrire ne s'apprend pas tout d'un coup.
Et c'est en musicien averti qu'il se livre à une comparaison entre musique et langage.
La mesure est à peu près à la mélodie ce que la synthaxe est au discours : c'est elle qui fait l'enchainement des mots, qui distingue les phrases, et qui donne un sens, une liaison au tout.
Selon notre admirable philosophe l'écriture précède l'action : ce n'est pas nécessairement la réalité qui suscite l'imaginaire, il arrive aussi que l'imaginaire suscite la réalité.
L'évènement n'est pas prédit parce qu'il arrivera, mais il arrive parce qu'il a été prédit.
Les auteurs de cet ouvrage consacré à Rousseau - tous les deux historiens - nous rappellent que le temps des Lumières est en partie celui où une humanité conquérante s'est livrée à la contestation de la doctrine de la culpabilité et de la faute.
Ils nous signalent aussi que
l'être sensible est celui qui s'éprouve dans l'adversité, et cette souffrance, qui isole en un premier temps, contribue en un second à conférer une dimension universelle, et quasi iconique, à l'expérience individuelle.
L'écriture est odyssée, catharsis et sublimation.
Mais par quelle charme se fait-il que le mal qu'elle me cause et les tourments dont je me plains sont devenus ma plus douce et ma plus chère occupation ?
Rousseau.

Et la meilleure compagne de cet écrivain semble être l'isolement.
Je suis né avec un amour naturel pour la solitude qui n'a fait qu'augmenter à mesure que j'ai mieux connu les hommes. Je trouve mieux mon compte avec les êtres chimériques que je rassemble autour de moi qu'avec ceux que je vois dans le monde...
Cette solitude débouchait sur l'envahissement de créatures fantasmatiques.
Mon imagination ne laissait pas longtemps déserte la terre ainsi parée. Je la peuplais bientôt d'êtres selon mon coeur, et, chassant bien loin l'opinion, les préjugés, toutes les passions factices, je transportais dans les asiles de la nature des hommes dignes de les habiter. Je m'en formais une société charmante dont je ne me sentais pas indigne.
La croyance pratique du philosophe était
bien plus dans des actes de vertu que dans des formules de croyance.
Et voici sans doute à propos de la foi de l'auteur des Confessions la phrase essentielle concernant les miracles du Christ :
Oui, je le soutiendrai toujours, l'appui qu'on veut donner à la croyance en est le plus grand obstacle, ôtez les miracles de l'Evangile, et toute la Terre est aux pieds de Jésus-Christ.
Pour Rousseau,
Chacun sera jugé, non sur ce qu'il a cru, mais sur ce qu'il a fait.
Les deux auteurs de cet ouvrage considèrent à propos de Rousseau que la rêverie est la forme aboutie de la pensée, lorsqu'elle se déprend du souci de la rationalité pour ne plus conserver que la longue et la lente sinuosité, faite de rajouts et de répétitions, qui permet la résurrection du passé intégral.
J'ai bien aimé lire cette longue biographie d'un écrivain qui aurait pu faire son miel également avec les réseaux sociaux.
Mais ceci est une autre histoire que je n'ai pas envie de raconter... (fubar)
François GODET

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