Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, de François REYNAERT

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GODET François
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Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, de François REYNAERT

Message par GODET François » samedi 28 juil. 2018 19:07:55

Un an plus tard donc presque jour pour jour, revoici un livre de François Reynaert pour nous raconter non pas l'histoire du monde, mais plutôt celle de notre magnifique pays.
Je me permets de relever des passages de manière arbitraire et sélective car cet ouvrage sorti en poche comporte 700 pages. Cela permet de mieux comprendre notre histoire contemporaine, car, malheureusement à travers les médias, c'est souvent l'émotionnel superficiel qui prend le pas sur l'information essentielle.
Tout d'abord l'esclavage qui permit selon le journaliste historien
à un continent d'asservir le monde sans se préocccuper des dégâts occasionnés par cet asservissement.
Notre écrivain de talent rappelle que la plupart des grands mouvements abolitionnistes furent menés par des chrétiens convaincus.
Plus loin chronologiquement nous apprenons que François Ier par l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose que tous les actes officiels, à la place du latin, soient rédigés dans une langue à laquelle les écrivains du temps commencent à donner ses lettres de noblesse : le français.
Nous voilà ensuite parvenus en 1774, au moment de la guerre des farines, car le pain vient à manquer. Le ministre Turgot décrète alors la libéralisation des grains faisant ainsi augmenter les prix ainsi que la famine. François Reynaert retient la leçon que nous enseigne cette expérience.
Une réforme
même nécessaire sur le long terme, mal préparée, et tombant au mauvais moment, peut s'avérer un désastre.
Suivez son regard…
Et nous voici rendus à un chapitre fort intéressant puisqu'il intéressera mes consoeurs. L'importance des femmes en politique. Notre écrivain journaliste nous rappelle en effet que le XVIIIe siècle fut celui des femmes. Elles dominent la vie intellectuelle par l'intermédiaire des salons littéraires. Là où se font ou se défont les carrières politiques. Parmi ces reines d'influence citons Mme de Lambert ou Mme de Tancin. Mais ce sont les hommes qui conservent leur pouvoir. Cependant la marquise de Pompadour aura une influence réelle sur la politique étrangère sous Louis XV. Elle protégera notamment les arts et les artistes (Voltaire en tête). Notre écrivain journaliste pense que c'est cet exemple ainsi que celui de Marie-Antoinette qui ont longtemps desservi la cause des femmes en politique jusqu'à aujourd'hui. Inconscient collectif quand tu nous tiens !

François REYNAERT compare ensuite l'époque de la Terreur sous la Révolution française qui par ces charretées envoyées à la guillotine au nom de la Raison n'a rien à envier au système du Goulag ou dans les camps chinois au nom du socialisme.
C'est passionnant de comparer les époques avec d'étranges similitudes.
Mais le journaliste écrivain précise bien qu'il ne s'agissait pas de totalitarisme avant l'heure car celui-ci
vise à étouffer l'individu dans un système posé comme un tout, dans un système fermé sur lui-même, un système fait pour que nul ne puisse s'échapper.
Il s'empresse d'ajouter que notre Révolution française de 1789 a accouché de tous les principes qui sont encore les nôtres plus de deux cents ans après : la démocratie ; le droit de vote ; l'abolition de l'esclavage ; la liberté religieuse ; l'émancipation des Juifs ; le divorce ; la liberté sexuelle ; l'égalité entre tous.
Nous continuons d'avancer dans le temps (je me permets de le survoler sinon ce texte serait fastidieux à lire et aurait un résultat contraire à son but : vous faire lire votre histoire pour savoir d'où vous venez.)
L'affaire Dreyfus. Monsieur Reynaert considère à juste titre que c'est de cette époque que date notre philosophie nationale.
En France, il n'y a pas de citoyens que leur origine, leur famille religieuse, leur sang rendraient plus citoyens que d'autres. Il n'y a pas de valeurs prétendument cachées qui vaillent qu'on cache la vérité et qu'on punisse un innocent.
Je relève au détour d'un chapitre une phrase d'actualité médiatique.
Il ne s'agit pas de se tromper de coupable. La faute est à ceux qui forgent les mentalités, pas à ceux qui les croient.
Donc toujours garder son esprit critique et réfléchir par soi-même en diversifiant ses sources d'informations.
François Reynaert précise que son ouvrage
entend depuis le début traiter non seulement de l'histoire de notre pays, mais aussi de la façon dont elle existe dans nos mémoires.
Il nous demande de ne jamais oublier que la libération de l'Europe de l'Ouest fut payée, en Europe de l'Est, par l'instauration de décennies de dictature.
En conclusion notre auteur prévient que le goût de l'histoire nous enseigne la modestie dans le jugement.
Quand on les regarde avec la distance du temps, toutes les périodes passées frappent par leur propre aveuglement.

Pour la prospective il considère que seule une puissante Europe pourra tenir tête aux géants du futur que sont la Chine et l'Inde.
Il nous rappelle également que la troisième République (1870-1940) nous laisse en cadeau la laicité :
La France n'est ni une terre chrétienne ni une terre opposée à aucune religion. Elle est un pays où on ne juge un citoyen ni à ses racines, ni à son appartenance sociale, ni à la sonorité de son patronyme, ni au Dieu qu'il prie ou qu'il refuse de prier, mais à sa capacité à contribuer à un avenir meilleur pour tous. La tâche est assez vaste pour ne se priver de personne.
Enfin la Résistance nous a légué la Sécurité sociale … qui est un bien essentiel et précieux parce qu'elle repose sur l'idée que la santé, l'épanouissement des enfants, le droit à la retraite des plus âgés, le bien-être matériel de chacun ne sont pas des problèmes individuels, mais des biens collectifs dont chaque membre d'une société donnée est comptable.
Ce livre m'a enrichi en révisant, apprenant, comparant les époques. Savoir d'où l'on vient permet de mieux savoir où l'on va. Cet adage fonctionne aussi collectivement.
Bonne lecture. A bientôt ! Et bonnes vacances livresques ! Ah l'ivresse de la lecture !
François GODET

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Message par GODET François » mercredi 1 août 2018 18:06:33

Parfois je remarque un livre en me disant qu'il intéressera mes consoeurs et confrères, et c'est le cas ici.
Au fur et à mesure de ma lecture je note au crayon de mine les pages que j'ai trouvé intéressantes pour les partager. Ici j'en ai relevées une bonne trentaine.
Quand j'ai eu terminé la lecture totale (donc du livre), j'ai créé cette critique, analyse ou commentaire - à votre bon choix Messieurs-Dames -, en relisant uniquement les passages annotés.
Quel secret de Polichinelle viens-je de vous confier ! (laught)
François GODET

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