Les mots pour être soi

Un écrivain public, c’est aussi un homme ou une femme. Certaines situations contiennent tous les ingrédients pour exacerber l’éventail complet de nos passions. Venez crier ici vos joies et vos désespoirs.
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GODET François
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Les mots pour être soi

Message par GODET François » mercredi 1 août 2018 12:12:53

Après les faits divers et les faits d'été de l'actualité, je suis interpellé par un brillant avocat qui est aussi professeur d'éloquence.

Bertrand Périer veut
saisir la beauté dans l'instant comme un funambule.
Il défend l'oralité car selon lui
le papier c'est une prison qui empêche de réagir au regard de l'autre, au contraire de la parole qui est toujours dédiée.
Oui, mais pour moi la profondeur de l'écrit n'a pas de prix. Celle-ci va jusqu'à viser la mémoire et l'inconscient. Ecrire permet vraiment de réfléchir. D'influer sur les comportements et les mentalités. L'oralité vise à éblouir - jusqu'à aveugler parfois ? - son interlocuteur.

S'il est vrai que malgré la profusion des mails et autres textos, scripta manent (les écrits restent) et la parole s'envole (verba volant),
on peut aussi dire que des paroles peuvent marquer la mémoire. Mais l'écrit peut combler la perte momentanée ou non de cette dernière.

Maitre Périer parle de
l'improvisation (qui) part de l'intérieur, c'est un jaillissement spontané où il n'y a pas de rythme de la mémoire.
Je pense qu'il en est de même de l'écrit. Cet élan qui apparait comme spontané, en fait vient du plus profond de l'être à travers son vécu qui soudain apparait à la surface par le support de l'écrit ou parfois en effet de la parole. Cette dernière est comme un écho qui disparait au fil du temps. L'écrit quant à lui demeure fidèle. Il est comme un ami qu'on peut revenir chercher. Il ne trahit jamais.

Aujourd'hui je me suis fait l'avocat de la plume. Et je me sens léger comme déchargé d'un poids. Je crois que l'écrit marque plus que les paroles aussi éloquentes soient-elles. Et parfois les deux arts se complètent.

Pour une fois je reste debout face à mon écrit après avoir évité les obstacles. Donc la chute se fera attendre.
François GODET

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