Méfiez-vous des imitations ! Ou de l’arnaque aux auteurs et aux prestataires

Un écrivain public, c’est aussi un homme ou une femme. Certaines situations contiennent tous les ingrédients pour exacerber l’éventail complet de nos passions. Venez crier ici vos joies et vos désespoirs.
Répondre
       
Avatar du membre
LAUNAY Pierre-Gilles
Superviseur des sites du GREC
Messages : 167
Inscription : vendredi 10 août 2012 19:07:32
Emploi : Écrivain public membre du GREC, le GRoupement des Écrivains-Conseils®
⌨ : Correction-relecture
⌨ : Opérateur PAO
Région : Auvergne-Rhône-Alpes
Agglomération : Clermont-Ferrand
Téléphone : 33+ 4 82 53 27 71

Méfiez-vous des imitations ! Ou de l’arnaque aux auteurs et aux prestataires

Message par LAUNAY Pierre-Gilles » samedi 19 janv. 2019 09:09:03

Un vrai éditeur ne facture pas ses auteurs. Il les paye. Et il paye de même ses sous-traitants lorsqu’il fait appel à eux.
Image

13 minutes d’une conversation téléphonique très édifiante… et plutôt formatrice

❶ Le contact
Jeudi matin peu avant midi, je reçois un appel téléphonique d’une dame d’un âge certain :
— Bonjour. J’écris régulièrement et je voudrais faire corriger mon texte. Je souhaiterais connaitre les modalités de votre prestation.
⚿ Super. Une personne motivée.
Je lui expliquais rapidement.

❷ La dévalorisation
— D’accord. Et quels sont vos diplômes de correcteur ?
⚿ Elle n’a donc pas du tout regardé mon site ! Elle ne cherche donc qu’un prix. Ma prestation ne lui conviendra donc sans doute pas.
— D’accord. Sachez tout d’abord qu’il n’existe pas de diplôme d’État en correction-relecture, ni d’ailleurs d’écrivain public. La seule vraie formation est l’autoformation permanente. Je suis bac+6, j’exerce depuis 1993, et la plupart de mes auteurs arrivent dans les meilleurs classements des ventes comme vous pouvez le constater dans les avis du site, tous vérifiés selon la norme volontaire AFNOR NF Z74-501 du 4 juillet 2013.

❸ La suspicion
— D’accord. J’aimerais connaitre votre façon de travailler. Je voudrais vous envoyer 2 pages et demie pour voir comment vous procédez.
⚿ Hum ! Trop précis, là. Il y a entourloupe.
— Cela ne vous donnera rien. Pour que je puisse réaliser un devis, il vous faut m’envoyer la totalité de votre ouvrage au format Word. Je réaliserai d’abord une lecture rapide, et si votre écriture me semble aboutie, je réaliserai un devis sinon je vous inviterai à retravailler tout d’abord certains points particuliers pour nous éviter à tous les deux de perdre du temps, et à vous de l’argent.
— Mais vous êtes un simple prestataire ! dit-elle courroucée. Je veux juste envoyer 2 pages et demie.
⚿ Vraiment suspect, là, cette insistance et cette agressivité soudaine.
— Justement, et je ne travaille qu’avec des professionnels ou qui vont le devenir. Si vous voulez un devis, il me faut vraiment la totalité de votre ouvrage.

❹ L’erreur fatale
— En fait, je veux juste vous donner l’introduction. Je verrai alors votre façon de travailler. Je l’ai déjà fait corriger par un autre professionnel qui facture quand même xx € les 10 000 signes, et il a laissé des fautes.
⚿ Ha tiens ! Elle trouve maintenant plein de fautes qu’elle n’avait pas vues avant de les faire corriger ? Bizarre pour une simple auteure !
— Un vrai professionnel ne facture pas au nombre de signes, mais au temps. Il s’agit d’une expertise, pas d’une vente au kilomètre ou au poids. Quand j’aurai reçu votre texte, je réaliserai un chronométrage de la prestation complète sur 3 extraits normalisés, et vous connaitrez alors le prix définitif total et la durée précise estimée. Libre à vous ensuite de comparer au nombre de signes, mais cela n’a aucune valeur.

❺ L’aveu
— En fait, c’est une partition de musique, et c’est le seul texte de l’ouvrage.
⚿ Hum ! J’avais donc raison. Ce n’est donc pas une auteure contrairement à ce qu’elle disait.
— Dans ce cas, il est inutile bien sûr de m’envoyer le texte de votre partition. Envoyez uniquement le texte, et s’il n’y a que 2 pages et demie, il est probable que l’on se trouvera alors dans le cadre d’une tarification forfaitaire.

❻ L’escroquerie
— Parce que vous voulez facturer 2 pages et demie ! s’exclame-t-elle énervée.
⚿ Nous y voilà ! C’est donc une escroc.
— Évidemment ! Je ne travaille bien sûr pas pour rien, Madame ! Il vous suffit de m’envoyer votre texte sur le formulaire de contact : pour deux-trois pages, cela ne va pas chercher bien loin ! Vous connaitrez alors ma façon de travailler, et pour vos autres livres nous procèderons de même, mais sur la totalité du texte.

❼ La craquelure du personnage
— Non ! Votre façon de procéder est trop compliquée. Je voudrais vous faire savoir qu’il y a une personne au bout du fil. Me facturer pour un test, faut pas pousser quand même !
⚿ Cette accusation finale n’a qu’un seul, me faire culpabiliser et m’empêcher d’aller plus loin.

Et elle a raccroché.

Tiens ! Pourquoi ne dit-on pas malandrine ?

⛔ La recherche du malandrin

J’ai cherché son numéro de portable sur Internet. C’est la société Éditions F***, une société qui n’a rien d’un éditeur, mais qui arnaque les auteurs en leur promettant monts et merveilles, et apparemment aussi ses fournisseurs. Elle vend une prestation fort cher où elle ne fait en réalité strictement rien sauf de mettre le livre de l’auteur en vente sur son site. Le dernier en date a été publié il y a 4 mois et ne se classe que 750 000e vente francophone…

C’est une filiale de l’escroc aux auteurs Alain A***. C’est tout dire.

⛔ Un éditeur ne facture pas ses auteurs. Il les paye…

Bah oui, c’est une évidence. Et de même un prestataire ne travaille jamais pour rien, évidemment.
Le Corrigeur : correcteur-relecteur et technicien PAO.
Mais je vous le demande, peut-on réellement imaginer une police sans sérif (Le Corrigeur, 2012).

Répondre

Retourner vers « Des mots des humeurs »